Soixante-trois ans. Il a fondé, il y a trente ans, une PME industrielle de quarante-cinq personnes. Sa fille aînée y travaille depuis huit ans. Son fils vit à Lyon, hors de l’entreprise, mais attend légitimement sa part.
Il est prêt. Le notaire a proposé une donation-partage sous pacte Dutreil, l’expert-comptable a modélisé la fiscalité, et les deux enfants sont d’accord sur le principe. Pourtant, depuis quatorze mois, la signature est repoussée.
Ce n’est pas la fiscalité. Ce sont trois questions qu’aucun conseil n’a posées.
- Comment transmettre le capital à parts égales sans donner le pouvoir à parts égales, et le dire sans fracturer la fratrie ?
- Que devient son autorité le lendemain de l’acte, face à des salariés qui l’ont toujours connu aux commandes ?
- Qui est-il, sans l’entreprise qui a organisé chacune de ses journées depuis trente ans ?
Le montage juridique, fiscal et financier reste l’affaire du notaire, de l’avocat et de l’expert-comptable. Le Cabinet n’y intervient pas : il travaille la décision que ces montages servent.
- Stratégique : cartographier, sur cinq ans, les conséquences humaines et décisionnelles de chaque architecture proposée par ses conseils — répartition du capital, du pouvoir, calendrier de retrait.
- Cognitif : distinguer ce qui relève de l’équité de ce qui relève de la loyauté, et nommer la décision réellement en suspens.
- Neurocognitif : stabiliser le cadre de décision, pour que la signature soit choisie et non subie.
Pas de faire signer plus vite. Faire en sorte que le dirigeant sache ce qu’il transmet, à qui, et ce qu’il garde — et que la signature, le jour venu, soit habitée.